Choisir la force ou la faiblesse

 

Bien peu d'entre nous savent à quel point nous sommes les artisans de notre propre malheur. Et même quand nous en sommes conscients, nous continuons de faire de mauvais choix parce que nous sommes convaincus de ne pas avoir la force de mieux choisir. Un enfant ne renonce pas à la réussite à l'école, une femme ne tire pas un trait sur sa vie de couple parce que, croient-ils, c'est une bonne décision. Ils abandonnent parce qu'ils n'ont plus la force de continuer à se battre. ...La faiblesse est la cause de pratiquement tous les choix malheureux que nous pouvons faire dans la vie. (...)

Pour trouver ce bonheur que nous désirons tous, il nous faut déterminer: 1) quoi faire; 2)comment le faire; 3) où trouver la force de le faire. Dans notre démarche pour obtenir l'amour et la reconnaissance, quoi faire et comment le faire présentent rarement des difficultés. Si tout est possible, nous avons généralement une certaine idée de ce qui pourrait nous rendre heureux. Savoir alors comment le faire n'est généralement pas difficile non plus. Même quand nous ne savons pas trop quoi faire ni comment le faire, cette incertitude représente rarement le vrai problème. Le problème c'est plutôt que nous n'avons pas la force de faire ce qui nous rendrait heureux. Il nous est difficile de nous avouer à nous-mêmes que nous n'avons pas ce qu'il nous faut, alors nous avons tendance à rationaliser, à pleurnicher et à regretter de ne pas savoir quoi faire ni comment le faire. Mais nous avons beau nous plaindre à grands cris, nous savons généralement fort bien que ce n'est pas le savoir-faire qui nous manque, mais la force.

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Prendre conscience de ses mauvais choix, c'est peut-être commencer à devenir plus fort. Savoir qu'on est responsable d'une bonne partie de ses malheurs permet de se rendre compte que faire de meilleurs choix est une bonne attitude. Si on croit que ses malheurs tombent du ciel et sont inévitables, on n'obtiendra jamais rien de mieux de la vie que ce qu'on a actuellement.

 

W.Glasser, Les drogues positives, (Ed. Logiques 1997) p.9 sq